Économie suisse: contraction du PIB au T3 sous l’influence des droits de douane et d’un contexte international incertain
Contraction du PIB au troisième trimestre et traces des droits de douane
Le produit intérieur brut suisse a reculé de 0,5% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, selon le Secrétariat d’État à l’économie (Seco), qui a publié une estimation ajustée des variations saisonnières environ 45 jours après la fin de la période.
Au deuxième trimestre, la croissance était de 0,1% (hors retombées sportives), après 0,7% entre janvier et mars.
Trois facteurs évoqués par l’institut CREA
Mathieu Grobéty, directeur de l’institut CREA de l’Université de Lausanne, met en avant trois éléments clés: l’incertitude politique aux États‑Unis liée à Donald Trump et ses prises de position variables, une croissance générale plus faible et une sous‑performance du secteur chimie‑pharmaceutique.
Évolution du PIB et point de vue des économistes
La contraction du PIB s’explique par les effets directs des droits de douane, mais aussi par les répercussions sur le commerce mondial dans le cadre du jour de la libération, selon GianLuigi Mandruzzato, économiste chez EFG.
Les économistes consultés par l’AWP prévoyaient une évolution du PIB au troisième trimestre comprise entre -0,3% et +0,2%. Le recul de la valeur ajoutée dans l’industrie suisse, notamment dans le chimique et le pharmaceutique, a pesé sur la croissance; le secteur des services a progressé à un rythme en dessous de la moyenne.
Un accord avec les États-Unis et ses effets
Le ministre de l’Économie Guy Parmelin a présenté vendredi un nouvel accord commercial avec les États‑Unis, prévoyant notamment une taxation de 15% sur les biens suisses importés. John Plassard de Cité Gestion souligne la nuance selon laquelle les droits de douane s’établissent à 15% contre une moyenne de 0,6% des importations en décembre 2024, ce qui sera perçu différemment par les exportateurs suisses.
En octobre, le Seco révisait à la hausse ses prévisions: croissance du PIB 2025 à 1,3%, contre 1,2% précédemment; pour l’année suivante, 0,9%.
Environnement économique et perspectives
Céline Koster, analyste en stratégie à la Banque cantonale de Saint-Gall, estime que l’environnement reste difficile pour la Suisse; malgré la réduction des droits de douane américains, les impulsions extérieures manquent, notamment en provenance d’Allemagne, et la phase de croissance pourrait se poursuivre à un rythme plus lent.
Suite à l’annonce de l’accord-cadre avec les États‑Unis, GianLuigi Mandruzzato pense que les perspectives économiques suisses s’améliorent. Il prévoit que la Banque nationale suisse ne modifie pas sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion et maintiendrait un taux directeur à 0,00%, tout en restant prête à intervenir sur le marché des devises pour contenir une éventuelle appréciation du franc.