Genève : appel de la Caravane sans frontières pour protéger les familles sans-abri

Contexte et appel à l’aide

Au bord du Rhône, derrière des bâches, des sans-abri tentent de se mettre à l’abri du froid et de la pluie, dans des conditions météo récentes particulièrement difficiles.

La présidente de l’association, Silvana Mastromatteo, se dit « très inquiète » et affirme : « Je n’avais jamais vu autant de familles avec enfants en train de dormir sous les ponts. » Plusieurs poussettes garées à proximité témoignent de la réalité sur place. Elle ajoute : « Là, tout est humide, trempé. Avec cette pluie, rien ne va sécher. Il faut que ces personnes soient mises à l’abri immédiatement. Cela ne sert à rien qu’on leur donne des sacs de couchage et des tentes. Il faut les mettre au sec. »

Dans un communiqué daté du 19 novembre, l’association indiquait : « Sur le terrain, nos bénévoles témoignent d’une tension croissante. Plusieurs familles avec enfants ont été contraintes de passer la nuit à l’aéroport de Genève faute de place d’hébergement suffisante. »

Capacité d’accueil et limites des mesures

Le Plan grand froid activé par la Ville de Genève (du 21 au 24 novembre) a permis l’ouverture d’un abri PC supplémentaire de 80 places, portant le total à 577. Mais les acteurs de terrain estiment que cela ne suffit pas à répondre à la demande.

Interrogés par Le Courrier, plusieurs d’entre eux déplorent que les lieux d’accueil ne soient ouverts que pour quelques nuits. Aude Bumbacher, directrice du CausE, rappelle : « Certaines personnes ne vont pas se déplacer pour un temps si court, de peur de perdre leur abri de fortune. »

Dispositif hivernal et familles avec enfants

Face à cette problématique, Christina Kitsos, conseillère administrative en Ville de Genève, chargée de la Cohésion sociale, a expliqué dans La Tribune de Genève avoir sollicité les associations délégataires en vue d’ouvrir quelques places supplémentaires pour les familles, mais qu’elles n’étaient pas en capacité d’augmenter les dispositifs existants faute de lieux pérennes.

« Je pense qu’on peut améliorer les choses », a insisté Silvana Mastromatteo, en ajoutant : « On est là pour rapporter les besoins du terrain ». Après avoir reçu ce week-end la visite du président du conseil municipal, Ahmed Jama, elle a proposé la création d’un dispositif humanitaire hivernal pour les familles et enfants. « Malgré les déclarations publiques, il n’existe toujours pas de solution stable pour les familles », a-t-elle déploré.

La Caravane agit en première ligne alors qu’elle n’est pas un service mandaté. « Ce ne devrait pas être à la société civile de couvrir des manques structurels. On se tient à disposition pour travailler main dans la main avec la Ville. »

You may also like...