Genève : négociations autour du plan Trump pour l’Ukraine et les enjeux européens

Genève : négociations autour du cadre en 28 points du plan américain pour l’Ukraine

Des délégations ukrainiennes, américaines et européennes se retrouvent à Genève pour examiner le plan présenté par Donald Trump, présenté par Washington comme un cadre potentiel de négociations destiné à mettre fin au conflit déclenché par l’invasion russe. Le document, structuré en 28 points, vise à ouvrir des pistes pour mettre fin à près de quatre années de guerre.

Un cadre destiné à structurer les pourparlers

Selon les autorités américaines, ce cadre est conçu comme une base de négociation et s’appuie sur des éléments fournis par Moscou, ainsi que sur les apports de l’Ukraine. Le texte prévoit des garanties de sécurité pour Kiev afin de prévenir de nouvelles attaques russes et intègre des demandes qui reflètent les positions russes, notamment en matière de cession de territoires et de révision du rôle de l’Ukraine vis-à-vis de l’OTAN.

Territoires, sécurité et garanties

Le document mentionne la possibilité que certaines zones du Donbass et de la Crimée soient reconnues comme russes de facto, et il évoque que Moscou recevrait d’autres territoires ukrainiens qui restent aujourd’hui sous contrôle de Kyiv. Par ailleurs, il propose des garanties de sécurité occidentales destinées à protéger Kyiv et à prolonger la dissuasion face à d’éventuelles attaques futures. Le cadre prévoit aussi une coordination militaire européenne et des dispositions pour limiter les capacités militaires ukrainiennes, tout en prévoyant une protection aérienne européenne basée notamment sur des avions déployés en Pologne.

Réactions, calendrier et acteurs

Les alliés européens et les États-Unis ont mis en garde contre le risque d’une capitulation sans garanties suffisantes, tout en multipliant les contacts en vue d’inclure Kyiv et ses partenaires dans de nouvelles négociations. Le dimanche, la délégation ukrainienne est dirigée par Andriï Iermak, bras droit du président Zelensky, et les responsables européens chargés de la sécurité nationale des dirigeants français, allemand, britannique et italien participent aux discussions à Genève. De son côté, Steve Witkoff rejoint les discussions, accompagné du secrétaire à l’Armée, Daniel Driscoll.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a précisé que le texte « présente un cadre solide de négociations » fondé sur des éléments fournis par la Russie et par l’Ukraine, tout en démentant avoir qualifié ce plan de « liste de souhaits russes ». Rubio est attendu à Genève dimanche pour des échanges avec les Ukrainiens et les Européens.

Les discussions surviennent dans un contexte où des responsables européens et ukrainiens ont évoqué des résultats potentiels, et où le président français Emmanuel Macron a annoncé une réunion en visioconférence des pays soutenant l’Ukraine, programmée mardi, afin d’examiner les garanties de dissuasion nécessaires.

Contexte international et perspective russe

Lors du sommet du G20 à Johannesburg, onze pays européens ont affirmé que le plan américain « demanderait du travail supplémentaire » et pourrait laisser l’Ukraine vulnérable à de futures attaques. Vladimir Poutine a déclaré que le texte pouvait servir de base à un règlement pacifique et a exprimé sa disposition à discuter en profondeur de tous les détails du document.

Répercussions sur le plan militaire et politique ukrainien

Sur le front intérieur ukrainien, Kyiv fait face à des tensions liées à des allégations de corruption impliquant des proches du président. L’armée est décrite comme en recul sur le front et les habitants souffrent de coupures d’électricité dues à des frappes russes. Dans ce contexte, le président Zelensky a évoqué la possibilité de présenter des « alternatives » à ses interlocuteurs américains, tout en qualifiant l’un des choix possibles de « difficile », entre préserver la dignité et préserver une relation avec un partenaire clé.

Le cadre présenté par les États-Unis inclut des garanties de sécurité équivalentes à l’Otan et prévoit des éléments qui restent à préciser. Le texte avance aussi que la région du Donbass et la Crimée seraient reconnues de facto comme russes, tandis que Moscou serait autorisée à obtenir d’autres territoires ukrainiens. Par ailleurs, il prévoit l’éloignement de Kyiv de l’Alliance atlantique et des mécanismes pour éviter la station de troupes de l’Otan sur le territoire ukrainien.

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