Soins dentaires à Genève : le vote du 30 novembre porte sur une aide financière et un contre-projet cantonal
Contexte et enjeu du scrutin
Le 30 novembre, Genève sera invitée à se prononcer sur l’initiative cantonale « Pour des soins dentaires accessibles à toute la population » et sur un contre-projet soutenu par le Conseil d’État.
Le dispositif proposé
Portée par le Parti socialiste et soutenue par la gauche, l’initiative propose une aide annuelle de 300 francs pour les revenus modestes, couvrant les 202’000 bénéficiaires des subsides d’assurance maladie du canton, et prévoit la création d’un poste de dentiste cantonal.
Enjeux de santé publique
Plusieurs études, dont une récente menée par les HUG, indiquent que 25 % des Genevois renoncent à des soins dentaires pour des raisons financières, et les soins dentaires figurent parmi les postes les plus souvent abandonnés. Louise Trottet, députée Verte, décrit cet enjeu comme majeur pour la santé publique et comme un marqueur d’inégalités sociales: «Les plus démunis sont les plus touchés».
Pour Sophie Demaurex (PS), l’aide de 300 francs constituerait « au moins un premier pas ». Même si ce montant peut rester insuffisant pour des actes lourds, il permettrait, selon elle, de financer le traitement d’une carie ou une visite chez l’hygiéniste. Elle ajoute que « l’amélioration de la prévention peut, à terme, réduire les coûts de la santé ». Le coût global des aides est estimé entre 40 et 45 millions de francs par an.
Contre-projet et critiques
Le contre-projet, soutenu par le Conseil d’État et la gauche, est présenté comme mieux ciblé et axé sur la prévention, tandis que certains qualifient l’initiative de « coquille vide ».
Le député centriste Jean-Marc Guinchard affirme que le projet socialiste n’apporterait pas les avancées escomptées et serait coûteux au regard du déficit du canton. Il rappelle aussi que des bons existent déjà pour les élèves du cycle d’orientation, mais restent peu utilisés, ce qui questionne l’impact d’une nouvelle mesure.
À l’inverse, Arber Jahija (MCG) souligne qu’une « couche inutile » d’administration ne serait pas souhaitable et que le médecin cantonal est, selon lui, apte à coordonner les problématiques liées aux soins dentaires; il estime que le contre-projet, axé sur la prévention, offre une meilleure approche que l’initiative.